Comme les images d’un jeu aux cartes éparses, j’ai emmené ces photographies comme un passeur, dans un voyage sans vrai paysage ni même géographie.
Le passage évoquant une nature étroite, j’ai pris soin de l’élargir à ses diverses formes, qui lui donnent plus d’épaisseur et envisagent de plus amples mouvements.
Cette série s’attache donc à explorer les notions de passage, d’accès, de chemin, couloir et autre traversée, non pas à travers la représentation directe de paysages ou d’éléments naturels, mais par le prisme symbolique de nos trajectoires personnelles qu’évoquent ces photos Ces mots sont ici envisagés comme les métaphores des transitions, des seuils et des moments charnières qui jalonnent nos parcours de vie.
Ces espaces de transition, souvent perçus comme de simples moyens de déplacement, deviennent ici des sujets à part entière, révélant leur complexité et par là leur fonction essentielle. Chaque photo cherche à traduire ces notions de passage et d’accès, en les ramenant à une dimension aussi intime que universelle. Il ne s’agit pas d’illustrer ces mots dans leur sens premier, mais de les évoquer par analogie comme autant d’étapes, choix et obstacles, ouvertures vers l’inconnu ou issues vers l’attendu… qui façonnent nos existences. Ainsi parfois la présence humaine se glisse parmi ces images.
Sous tous ces termes de configuration physique affleurent les sentiments qu’ils font émerger, ces expériences souvent invisibles et leurs intersections, autant de lisières, de matins ou crépuscules, de gués ou d’impasses. Que doit-on en craindre ou en espérer ?
Comment abordons et franchissons nous ces seuils incertains, parfois décisifs ? Comment ces moments qui jalonnent nos vies deviennent sous nos pas des lieux de transformation ?
En délaissant la représentation concrète, ce projet cherche à toucher l’essence même du passage, à révéler sa dimension symbolique et émotionnelle, et à offrir au spectateur une expérience visuelle qui ouvre à la réflexion sur sa propre vie et ses cheminements.






















