La plage insuffle une ampleur spatiale très singulière. Il est rare d’observer l’être humain à une telle échelle de matières, dans un rapport à cet infini à portée de main.
Sur la grève, ce sentiment de profondeur instille une espèce d’uniformité humaine et sociale induite très particulière, qui n’existe pas ailleurs.
Pourtant, chacun selon son mode ou son humeur, face à la mer ou pas, s’approprie cet espace, ce volume si inhabituel. Sur le sable, les repères semblent perdre leur emprise et une certaine intemporalité prévaut. La plage devient un lieu de contemplation, une sorte d’écran immaculé sur lequel chacun projette ses pensées. Etre face à la mer c’est un peu se plonger aussi en soi, flotter de son horizon à celui de l’eau, à ceux des autres, présents ou pas. Certains se posent dans cette expérience intime intemporelle, s’immergent seuls ou non, mais jaloux d’intériorité.
Corps désoeuvrés, coeurs flottants, âmes pensives… Ces photographies sont de petites anecdotes qui s’entremêlent.
C’est dans cette interaction entre les moments capturés et l’interprétation de chacun que les photographies prennent véritablement vie. Provoquer l’imaginaire du spectateur, glisser dans les images quelques dialogues que l’on pourrait chuchoter, est bien plus satisfaisant pour moi que la stricte lecture de ce que j’en raconte visuellement.
Les mots, les histoires que se disent tout bas les instants. Les leurs, les nôtres…





















